Dans l’alimentaire, le bio est un marché des plus exigeants qui progresse au niveau mondial. S’il participe à une alimentation plus saine auprès de consommateurs, il est aussi incarné par des opérateurs qui défendent des valeurs environnementales et éthiques fortes. Le parcours de Diego Garcia, fondateur et dirigeant de la société Bonabio, l’illustre à bien des égards.
Un pionnier du bio
Arrivé en France à l’âge de 20 ans, cet Uruguyen d’origine est un véritable pionnier. Avec son associé, Robert Ponçon, il se lance dès le début des années 80 dans le bio, puis fondent en 1990 la société Jules Brochenin autour de deux activités : l’huilerie bio et l’importation de produits tropicaux bio (banane, mangue, avocat, gingembre, curcuma…). « Nous avons été de véritables précurseurs à l’époque en étant les premiers à proposer de la banane bio, puis toute une gamme de bio : huile de palme, margarine ou encore graines de chia… », souligne Diego Garcia. Loin de se contenter d’être un simple importateur, l’entrepreneur entend construire des filières éco-responsables. Sur le terrain, il rencontre des producteurs, en Colombie, au Pérou, en République Dominicaine, en Bolivie, mais aussi en Martinique et en Afrique de l'Ouest francophone pour tisser des partenariats fondés sur le dialogue, la transparence et le respect. Pari réussi. Au fil des années, ces filières équitables ont permis de créer de véritables coopératives faisant vivre des centaines de familles et d’adopter des modes de production respectueux de l’environnement.
De la naissance de Bonabio…
En 2018, les deux branches historiques de la société Jules Brochenin se séparent. Diego Garcia en profite pour créer sa propre entreprise, BONABIO, spécialisée dans les produits tropicaux.
Installée au coeur du Marché d’Intérêt National de Rungis, l’activité prend un nouvel essor. Toujours avec son esprit pionnier et animé par ses fortes convictions pour un commerce toujours plus responsable, Diego Garcia lance des investissements considérables pour réaliser 10 chambres de mûrissages ultra-modernes destinées aux bananes, avocats et mangues. « Nous avons réfléchi à une installation high-tech permettant notamment de réduire la consommation d’énergie et de limiter l’empreinte carbone, précise-t-il. Les chambres sont équipées de la technologie hollandaise eco-top turn pour optimiser la qualité et l’homogénéité du mûrissage. C’était une première sur Rungis ».
… à sa cession en 2021
Dès lors, Bonabio prospère, bénéficiant de l’expertise de son fondateur. Avec un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2020, la société se classe parmi les leaders du secteur des fruits tropicaux bio dans le circuit bio français.
Mais, désireux de partir à la retraite et n’ayant pas de successeur familial, Diego Garcia se rapproche d’Eurallia Finance afin de préparer la transmission de son entreprise. Philippe Moncourrier, spécialiste du secteur de l’agroalimentaire, va alors l’accompagner dans sa réflexion et la gestion de l’ensemble de l’opération.
Au terme d’un process compétitif de cession, le choix s’est porté sur Propolis Développement. Durant la phase de négociation exclusive, des audits très pointus ont été lancés afin d’analyser l’activité et de préparer le business plan du futur repreneur. Et il s’est avéré que les synergies étaient parfaites : déjà distributeur de fruits et légumes bio avec la société Dynamis, cette acquisition a permis à Propolis Développement de compléter son offre avec les fruits tropicaux et ingrédients bio. Mais au-delà de ces aspects business, cette cession a été la rencontre entre deux hommes, Diego Garcia et Stanislas Henriot (Président de Propolis Développement) qui se sont rejoints sur le principal : leur sens partagé de l’éthique.
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Philippe Moncourrier, Eurallia Finance Lyon
« Quand j’ai croisé la route de Diego Garcia, ce dernier était dans une situation que nous rencontrons souvent : un chef d’entreprise proche de la retraite mais n’ayant ni successeur, ni salarié susceptible de racheter l’affaire, et qui souhaite sauvegarder la pérennité de son entreprise. Dès lors, nous l’avons aidé à maturer sa réflexion et à se projeter dans la transmission en lui expliquant en quoi consiste un process de cession pour l’accompagner au mieux. La particularité de cette opération, c’est qu’il y avait beaucoup d’acheteurs, mais dans un marché surcoté où peu d’entreprises bio sont à vendre. Et par ailleurs, Diego Garcia était intransigeant sur les critères éthiques des potentiels acquéreurs. Et je dois dire que c’était tout à son honneur car c’est bien ce qui en fait un homme tout à fait remarquable à mes yeux. Cette cession est une réussite car Bonabio s’est vendu 2 à 3 multiples de plus qu’une entreprise dans le même domaine mais non bio, mais surtout parce que l’acquéreur, Stanislas Henriot porte les valeurs essentielles pour poursuivre la route tracée par Diego Garcia. »