Si on avait dit un jour à Jean-François Rousseau qu’il dirigerait 4 sociétés, employant 150 personnes, pour 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, il aurait sans doute souri. Originaire des Ardennes, cet ingénieur-mécanicien de formation, n’avait jamais imaginé un pareil destin. Entré chez DUPONT-DE-NEMOURS en tant qu’ingénieur commercial, il se voyait bien faire carrière au sein de ce grand groupe industriel, inventeur du nylon et du Téflon. Mais la vie lui a réservé un tout autre chemin.
Petit coup d’œil dans le rétro. En 1958, son père crée dans les Ardennes une entreprise spécialisée dans les matières plastiques, qui trouve rapidement sa clientèle. Dans les années 80, se pose naturellement la question de la transmission : faut-il la céder ? La racheter ? Après moult hésitations, Jean-François Rousseau décide, avec sa sœur, de la garder dans le giron familial. Premier rachat en 1989, premier pas dans le monde de l’entrepreneuriat !
L’âge d’or pour le groupe ARBOR
« Dans le paysage industriel, FABER est alors une entreprise semi-artisanale, employant 15 personnes, souligne Jean-François Rousseau. Notre clientèle ? Principalement des grands groupes spécialisés dans le packaging, les lignes d’embouteillages, le conditionnement agro-alimentaire ou cosmétique, pour lesquels nous fabriquons des pièces plastiques sur commande et sur-mesure. » Très vite, la petite entreprise trouve son rythme de croisière et se diversifie en produisant des composants de machines et des structures de convoyeurs. Le succès est au rendez-vous, et Faber se retrouve rapidement à l’étroit dans ses anciens locaux. L’entreprise déménage, recrute un réseau de 6 commerciaux et s’ouvre même à l’international, grâce à l’expertise de madame Rousseau, en charge de l’export sur les zones Allemagne Suisse et Belgique. S’ensuit alors une décennie de forte croissance. Un âge d’or pour la société qui ne cesse de croître et enchaîne les coups de poker.
En 1995, Jean-François Rousseau rachète CORIS, spécialisée dans les machines spéciales pour le packaging. En 2003, il convoite l’entreprise PÉRICHARD PLASTIQUES, alors concurrente pour renforcer son expertise dans l’usinage des pièces en plastique. En 2015, rebelote : il rachète l’entreprise A.U.P.I, une société industrielle spécialisée dans l’usinage plastiques. Ces 4 sociétés sont alors regroupées dans la holding ARBOR, qui affiche jusqu’à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires, en 2016.
Faber : première cession en 2017
En bon chef d’entreprise, Jean-François Rousseau endosse de multiples casquettes : management, commercial, technique, animation du réseau…. « En 2017, je suis approché par le groupe lyonnais ELCOM, désireux de racheter FABER et CORIS, raconte-t-il. A vrai dire, je n’avais jamais imaginé vendre, pensant que mes enfants prendraient la suite. Ce ne fut pas le cas, alors j’ai réfléchi à cette heureuse opportunité. »
Pour sécuriser la cession, Jean-François Rousseau se rapproche de Nicolas Touchard, associé EURALLIA FINANCE Paris. « Avec CORIS, A.U.P.I PÉRICHARD, j’étais aguerri aux rachats. Mais là, j’avais en face de moi un groupe industriel, conseillé par une société de fusion-acquisition. Il était essentiel d’équilibrer la relation. Nicolas Touchard a su défendre mes intérêts et mener les discussions. Surtout, il a su m’éclairer sur certains points et a fait preuve de beaucoup de méthodologie pour respecter toutes les obligations juridiques. Le tout dans un cadre de grande confidentialité. »
Un quotidien plus allégé…
Après cette première cession, Jean-François Rousseau se retrouve à la tête d’un groupe de 75 personnes, pour un chiffre d’affaires consolidé d’environ 8M€. « J’ai rapidement pris goût à ce nouveau rythme et à ce quotidien plus allégé, avoue-t-il. J’ai également profité de cette période pour assurer mes arrières, en agrandissant l’usine PÉRICHARD PLASTIQUES, avec 1500 m2 supplémentaires. » Malgré la crise sanitaire, le groupe ARBOR connaît une belle croissance, mais l’enthousiasme des débuts n’est plus au rendez-vous. « Je me suis dit que c’était le bon moment pour passer la main… indique Jean-François Rousseau. Alors, je me suis à nouveau rapproché de Nicolas Touchard pour lui faire part de mon désir de céder mes deux dernières sociétés, A.U.P.I et PÉRICHARD, l’une étant située dans la Marne et l’autre dans l’Aisne. » Nicolas Touchard réalise alors une nouvelle étude des deux sociétés. Le choix s’est finalement porté sur la société SOGEMAP, spécialisée dans l’injection plastique, et filiale du groupe AMIQUAR. « Je souhaitais assurer la pérennité de cette entreprise familiale, conclut Jean-François Rousseau. SOGEMAP disposait de toutes les garanties financières pour réussir ce double rachat et amener le groupe ARBOR vers de nouveaux horizons de croissance. »
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Nicolas TOUCHARD, associé EURALLIA FINANCE Paris
"Le même esprit industriel au service de l’innovation"
« Le groupe familial ARBOR est un client de longue date que j’avais déjà accompagné dans la cession d’une première entreprise, FABER, en 2016. Déjà, à l’époque, Jean-François Rousseau était dans l’optique de céder son groupe, en vue de préparer sa retraite, aucun de ses enfants ne souhaitant reprendre le flambeau. L’usinage de pièces plastiques reste un métier très spécifique, peu répandu en France. C’est un vrai savoir-faire industriel, une activité de niche qu’il était important de valoriser. Il existe en France une trentaine d’acteurs exerçant peu ou prou dans le même secteur. Dans le cadre d’un process concurrentiel, j’ai identifié au total une cinquantaine d’entreprises ou d’investisseurs susceptibles d’être intéressées par ce double rachat. J’ai finalement sélectionné 5 candidats, et très vite, SOGEMAP s’est détaché des autres entreprises, par sa force industrielle et sa solidité financière. SOGEMAP ne fait pas partie de ces entreprises « coffre-fort » refusant toute innovation ou investissement. Bien au contraire, le groupe entend investir dans l’outil industriel pour pérenniser les activités d’A.U.P.I et PÉRICHARD. »